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Élèves "DYS"

Présentation

L’établissement accueille des enfants dont les apprentissages ont besoin d’être adaptés (ex : dyslexie, dysphasie, dyspraxie …). Si la difficulté a déjà été détectée, vous pouvez le signaler au moment de l’inscription. Un accompagnement vous sera alors proposé. Si des besoins particuliers sont à mettre en place (AVS, tiers temps, aménagements techniques), n’hésitez pas à nous contacter.

Regard sur

De mieux en mieux diagnostiqués, les élèves « dys » sont particulièrement bien entourés dans l’établissement par un groupe de professeurs motivés.

La dyslexie, la dysorthographie, la dyscalculie, la dyspraxie… entraînent très souvent des troubles des apprentissages. C’est pourquoi ces élèves ont besoin d’être soutenus par des spécialistes extérieurs à l’établissement et des adaptations scolaires au sein de leur classe.

L’équipe pédagogique est sensibilisée à ces troubles et plusieurs professeurs bénéficient de formations afin de mieux comprendre les troubles dys et d’adapter la pédagogie. Ainsi, les élèves bénéficient d’aménagements afin de leur permettre de compenser leurs difficultés et de se sentir parfaitement intégrés dans l’établissement.

Les troubles dys constituent des handicaps dits invisibles ; il est important de les prendre en compte. Ce sont des troubles durables et persistants qui génèrent une grande fatigue car l’élève dys doit compenser sans cesse.

Une pédagogie adaptée

Grâce à une pédagogie adaptée, des évaluations différenciées, nous avons mis en pratique les idées et conseils reçus pendant nos diverses formations afin de faciliter l’apprentissage de nos élèves.
Nous adaptons tous notre enseignement mais chacun avec des méthodes, des « astuces » différentes. Par exemple, avec une police de caractère (arial 14), des cartes heuristiques, des pictogrammes de consignes, des couleurs de repérage (grammaire : le verbe en rouge, le nom en vert etc…), une oralisation des consignes, des dictées à choix, des exercices en moins pour les évaluations, un professeur secrétaire, des cours imprimés ou envoyés par mail, l’utilisation d’une clé USB…

Des plans de travail inclinés ont été proposés afin d’apporter un certain confort visuel, des livres audios ont également été achetés et sont disponibles dans les CDI des sites des Cordeliers et de Notre-Dame de la Victoire permettant ainsi aux élèves d’accéder plus facilement à des œuvres littéraires.
De nombreux ouvrages sur les troubles de l’apprentissage sont aussi proposés aux enseignants qui souhaitent approfondir le sujet.
Afin d’éviter des souffrances inutiles, le classement « mauvais élève », nous avons généralisé à l’entrée en 6ème, un test ROC (Repérage Orthographique Collectif) qui nous permet de repérer très vite d’éventuels problèmes.
Un enfant non détecté est souvent classé comme mauvais élève, il se sent rejeté et est donc bien évidemment en souffrance.
Le fait d’identifier des troubles dys ne résout pas toutes les difficultés mais c’est le début d’un long chemin vers la confiance en soi.

Qui contacter ?

Pour être au plus près des élèves et des parents, vous pouvez vous adresser aux deux professeurs référents :

AUFFRET Gaëlle
gaelle.auffret@cordeliers.fr
MORIN-DI MAGGIO Françoise
francoise.morin@cordeliers.fr

Témoignage d’un élève

Nathanaël Mousquey, élève de troisième, a accepté de répondre à nos questions.

Question 1

Comment vivez-vous le fait d’être dysgraphique et dyspraxique ?

« Cela m’empêche de bien écrire, de prendre des notes rapidement. Le plus dérangeant, c’est lors des interrogations écrites. Sinon, je n’ai pas de problème pour vivre cette situation. Cela ne m’affecte pas, à part le fait d’avoir un ordinateur en cours. Cela n’a pas d’impact non plus sur mes relations avec les autres. »

Question 2

Quand cela a-t-il été détecté ?

« En CP, j’avais du mal à écrire. Vers le CM1, on a mis des mots sur cette difficulté : j’étais diagnostiqué « dysgraphique-dysgraphique ». A partir de ce moment-là, j’ai eu un ordinateur. Cela ne m’a pas affecté, car j’en avais déjà l’habitude. »

Question 3

Quel bilan dressez-vous aujourd’hui ?

« Mon écriture a bien évolué. Je me fatigue beaucoup moins. Je peux écrire plus longtemps. Mon écriture s’améliore. Parallèlement, j’effectue des exercices musculaires réguliers de mon avant-bras. »

Question 4

Comment voyez-vous votre avenir ?

« J’utilise de plus en plus l’ordinateur. Pour les examens, comme le DNB, je bénéficie d’un tiers-temps. Quant à mon orientation, elle sera scientifique. Je me débrouille bien en mathématiques. Seulement, mes difficultés nécessitent une forte concentration sur la tâche « écriture ». De ce fait, pour les autres tâches, je suis en difficultés. Ainsi, en mathématiques, je fais souvent des erreurs d’étourderie. J’oublie un signe ou je le remplace par un autre inapproprié. Enfin, je suis doué en informatique. Je joue beaucoup et j’arrive à être très concentré lors de mes activités numériques, même s’il y a du bruit autour de moi. »

Le point de vue des enseignants

Zoom sur l’un des troubles dys : la dyslexie.

Gaëlle AUFFRET, professeur de français, et Jean-François AUFFRET, professeur de mathématiques, accueillent des élèves dyslexiques dans leurs classes. Entretien croisé des deux enseignants avec un regard sur les élèves de 6ème et de 3ème.

Question 1 : perception et diagnostic

« Comment percevez-vous personnellement les élèves qui sont dyslexiques des autres élèves de la classe ou qui ont des troubles identifiés de l’apprentissage ? Est-ce vous qui orientez vers un éventuel diagnostic ? »

Mme AUFFRET

« Ce n’est pas facile de percevoir les dyslexiques. Il s’agit, en effet, d’un handicap invisible. De plus, ils ont souvent une bonne compréhension orale. Si l’élève n’a pas été diagnostiqué avant, c’est à la première dictée que je vois que quelque chose ne va pas : des confusions importantes de sons, des mots orthographiés très bizarrement, des phrases qui ne veulent rien dire au premier abord. Dans ce cas, il faut alerter les parents. Le ROC (repérage orthographique collectif) que l’on fait passer aux élèves en 6ème sert aussi à nous mettre sur la voie. Le diagnostic n’est pas évident, même pour les professionnels, car il existe des degrés dans la dyslexie et une dyslexie légère peut presque passer inaperçue, pourtant elle handicape l’élève ».

M. AUFFRET

« Les élèves suivant le dispositif ont déjà été détectés dyslexiques. Cependant certains peuvent « passer au travers ». La lecture des consignes, les problèmes de graphisme, de restitution écrite… sont peut-être les difficultés les plus fréquentes et les plus facilement repérables. Mais il existe de nombreuses formes de dyslexie d’importance plus ou moins forte.

Il faut donc parfois un peu de temps pour avoir une interrogation de dyslexie chez quelqu’un qui n’aurait pas été repéré. C’est une analyse d’équipe qui permet de sensibiliser vers un diagnostic mais cela se fait heureusement de plus en plus avant la 3ème.

Question 2 : intégration dans la classe

« Intégrer des élèves en difficulté d’apprentissage est souvent aussi une difficulté pour les enseignants, comment la gérez-vous concrètement dans une classe dans laquelle il y a des dyslexiques ? Y a-t-il des méthodes préconisées plus que d’autres ? « 

Mme AUFFRET

« Oui, c’est une difficulté au départ mais cela devient vite une richesse. Cette année, en 6ème, les élèves dyslexiques sont aidés par d’autres élèves de la classe, des tuteurs. Cela créé un esprit d’entraide et de solidarité dans la classe, très profitable à chacun. En ce qui concerne les méthodes, l’idéal est d’alléger le plus possible l’écrit pour ces élèves car écrire les fatigue beaucoup et ils font des fautes bien souvent en recopiant. J’essaie de privilégier les schémas pour eux plutôt que de longues leçons. Ils peuvent aussi écouter les versions audio des livres à étudier. Et en évaluation, je leur donne des dictées à trous ou à choix multiples. Ils bénéficient de temps supplémentaire lors des devoirs ou leurs devoirs sont plus courts (moins d’exercices, moins de questions). Je ne perds jamais de vue ce qu’une professionnelle m’a dit un jour à propos des « dys » : « Il faut les imaginer avec un sac à dos de dix kilos sur le dos et ils ne peuvent jamais le poser. » Ils sont donc forcément vite fatigués. Je pense aussi qu’il faut leur faire confiance, les autoriser à faire leurs exercices à l’oral chez eux par exemple ».

M. AUFFRET

« Non, ce n’est pas une difficulté car un groupe classe est toujours un groupe hétérogène. La majorité des personnes non dyslexique rencontre aussi des difficultés, mais évidemment autres. Les difficultés scolaires des personnes dyslexiques sont identifiées. Il est donc plus facile d’utiliser les outils connus pour les aider ; outils qui aident aussi des personnes « non-dys ».

Cette année, j’ai utilisé l’évaluation orale lors d’une interrogation écrite pour le reste de la classe. La personne dyslexique ne pouvait pas restituer les règles du cours à l’écrit. A l’oral, il est évident que le cours avait été appris.

J’utilise aussi toujours le cours à compléter pour diminuer la fatigue de la prise de note et permettre à la famille d’avoir une trace écrite lisible. Lors des devoirs, la lecture orale des consignes a aussi été utilisée cette année. De nombreux outils sont possibles et à déterminer selon chacun. L’informatique en simplifie la mise en place. »

Question 3 : communication des troubles

« Certains élèves n’osent pas faire part de leurs difficultés qui peuvent être liées aux troubles connus de l’apprentissage. Que leur proposez-vous ? « 

Mme AUFFRET

« Je n’ai pas eu ce cas de figure. Les élèves « dys » que je côtoie sont plutôt demandeurs d’aménagements et n’hésitent pas à parler de leurs difficultés. Dans le cas contraire, je pense qu’il faut prendre le temps de dialoguer avec l’élève et le rassurer. La différence n’est pas facile à assumer mais l’obstacle peut être chemin, ce sont des élèves intelligents et créatifs ».

M. AUFFRET

«Dans un premier temps, ce choix est à respecter. Donc, on attend un peu… Mais ils doivent tester, au moins une fois, un outil pour se rendre compte que cela peut les aider. C’est ce qui s’est passé cette année en troisième. L’élève ne voulait pas avoir un outil différent qui le démarquerait du groupe. Après avoir eu un cours à compléter durant quelques séances, il a pris conscience que cela l’aidait en classe et à la maison. Il accepte désormais d’avoir des outils parfois un peu différents. Cela passe très bien au niveau des autres élèves. C’est une première année. Ayant déjà vécu ce dispositif dans un autre établissement, il ne faut pas avoir cette crainte du regard des autres. Les élèves trouvent tout à fait normal que l’enseignant aide une personne qui rencontre des difficultés. Parfois certains demandent à avoir les outils « dys ». Parfois je les distribue à toute la classe.»

Question 4 : progrès

« Compte-tenu de votre approche auprès d’eux, avez-vous déjà remarqué des progrès chez les élèves qui présentent des troubles d’apprentissage ? »

Mme AUFFRET

« Oui, quand les évaluations sont adaptées, ils peuvent réussir. C’est important qu’ils soient dans une dynamique de progrès et de réussite, cela rejaillit sur l’estime qu’ils ont d’eux-mêmes ».

M. AUFFRET

« Toujours, à partir du moment où l’un des outils a permis une réussite, car une deuxième arrive… Le plus important est la mise en confiance de la personne « dys » avec des capacités qu’elle ne réussit pas à exploiter comme les autres. L’estime de soi se développe et l’on a alors un bon point d’appui. C’est valable pour tous les élèves mais se ressent peut-être davantage chez les « dys ».

Leurs difficultés sont des choses qui sont simples pour nous. Mais quand on voit cette petite lueur dans les yeux d’un enfant « dys » qui montre qu’il parvient à mieux lire une consigne, qu’il arrive à tracer un segment,… c’est une boule d’énergie qu’il nous renvoie. Et on repart pour le prochain progrès… »